Cette question qui hante les arcanes du parti socialiste nécessite inévitablement une analyse politique approfondie des raisons de l'échec.
Le temps aidant, c'est il y a quelques jours que j'ai eu la chance, que dis je l'honneur d'assister à une réunion publique expliquant les causes réelles de la défaite.
9h30, au cœur de la ville, dans ce que l'on a coutume d'appeler entre initiés, un bar glauque, se tient ce matin, un congrès extraordinaire autour d'une belote contrée. A la table, la fine fleur de l'analyse de comptoir. Ils sont aguerris, rompus aux joutes verbales, l'expérience et la maladie d'Alzheimer influants directement sur la qualité du débat. Ils sont quatre, n'ont aucune appréhension de la foule, qui il faut l'avouer n'est pas venue en masse pour assister à cette analyse, probablement refroidie par la qualité des intervenants.
9h40, je m'installe au comptoir, je commande un café instinctivement, avant que mon subconscient peu alerte ne me signale le danger potentiel. En effet, quelques secondes plus tard lorsque le café arrive, et que mes yeux se posent machinalement sur la cuillère je ne peux m'empêcher de tressauter. Tant pis pour le sucre dans le café ce matin, pas question de plonger cette abomination en inox dans la tasse. Mais bon qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, comme disait l'autre…
9h45, le débat commence doucement et reste pour le moment accessible au néophyte de la politique que je suis. Explication des scores par des formules mathématiques complexes mais distillée avec pédagogie :
« 53% des voix ça veut dire qu'y a plus d'un français sur deux qu'y a voté Sarkozy ».
9h50, les esprits commencent à s'échauffer, quand la question centrale, de l'échec de la gauche arrive dans le débat :
« Heureusement on a évité la peste noire »
« Tu veux dire la peste rose »
Rire gras de l'assistance, qui comprend que l'on rentre dans le vif du sujet. Un éminent spécialiste des questions économiques profite de ce moment de flottement pour exprimer selon lui une des causes majeures de la défaite.
« Avec tous les milliards de leur programme ils* auraient pu racheter l'Algérie»
* le parti socialiste
La plèbe apprécie l'analyse géostratégique, et sent que le cœur du problème est atteint, lorsqu'un des intervenants, jusqu'ici silencieux, l'esprit plongé dans son pastis, choisit ce moment pour apostropher :
« Oui, mais ils ont tout foutu pour Ségolène, t'as vu son c** et ses s**** faut pas chercher tout le fric est passé la »
Un ange passe devant l'évidence des propos tenus, tous les analystes d'acquiescer fièrement, et l'un d'eux d'ajouter en finissant son verre :
« Ils ont essayés avec Jack Lang, mais y avait trop de boulot »
De nouveaux des rires gras traversent la salle, tout est dit, la parole des experts est sans appel, et évidemment très éloignée des discours consensuels qui passe à la télé. La gauche a perdu, et elle le doit à ses dépenses somptuaires en chirurgie esthétique plutôt que dans la création d'un programme de recolonisation algérienne digne de ce nom.
10h00, le débat est sur le point de s'achever, la foule se disperse dans le calme, je regarde le café que finalement je n'ai pas eu le courage d'entamer, mais je suis heureux de repartir en faisant parti des rares initiés qui connaissent enfin la vérité sur ce qui a fait que la gauche a perdu.
Et en plus je suis sympa je le partage :)
Le temps aidant, c'est il y a quelques jours que j'ai eu la chance, que dis je l'honneur d'assister à une réunion publique expliquant les causes réelles de la défaite.
9h30, au cœur de la ville, dans ce que l'on a coutume d'appeler entre initiés, un bar glauque, se tient ce matin, un congrès extraordinaire autour d'une belote contrée. A la table, la fine fleur de l'analyse de comptoir. Ils sont aguerris, rompus aux joutes verbales, l'expérience et la maladie d'Alzheimer influants directement sur la qualité du débat. Ils sont quatre, n'ont aucune appréhension de la foule, qui il faut l'avouer n'est pas venue en masse pour assister à cette analyse, probablement refroidie par la qualité des intervenants.
9h40, je m'installe au comptoir, je commande un café instinctivement, avant que mon subconscient peu alerte ne me signale le danger potentiel. En effet, quelques secondes plus tard lorsque le café arrive, et que mes yeux se posent machinalement sur la cuillère je ne peux m'empêcher de tressauter. Tant pis pour le sucre dans le café ce matin, pas question de plonger cette abomination en inox dans la tasse. Mais bon qu'importe le flacon pourvu qu'on ait l'ivresse, comme disait l'autre…
9h45, le débat commence doucement et reste pour le moment accessible au néophyte de la politique que je suis. Explication des scores par des formules mathématiques complexes mais distillée avec pédagogie :
« 53% des voix ça veut dire qu'y a plus d'un français sur deux qu'y a voté Sarkozy ».
9h50, les esprits commencent à s'échauffer, quand la question centrale, de l'échec de la gauche arrive dans le débat :
« Heureusement on a évité la peste noire »
« Tu veux dire la peste rose »
Rire gras de l'assistance, qui comprend que l'on rentre dans le vif du sujet. Un éminent spécialiste des questions économiques profite de ce moment de flottement pour exprimer selon lui une des causes majeures de la défaite.
« Avec tous les milliards de leur programme ils* auraient pu racheter l'Algérie»
* le parti socialiste
La plèbe apprécie l'analyse géostratégique, et sent que le cœur du problème est atteint, lorsqu'un des intervenants, jusqu'ici silencieux, l'esprit plongé dans son pastis, choisit ce moment pour apostropher :
« Oui, mais ils ont tout foutu pour Ségolène, t'as vu son c** et ses s**** faut pas chercher tout le fric est passé la »
Un ange passe devant l'évidence des propos tenus, tous les analystes d'acquiescer fièrement, et l'un d'eux d'ajouter en finissant son verre :
« Ils ont essayés avec Jack Lang, mais y avait trop de boulot »
De nouveaux des rires gras traversent la salle, tout est dit, la parole des experts est sans appel, et évidemment très éloignée des discours consensuels qui passe à la télé. La gauche a perdu, et elle le doit à ses dépenses somptuaires en chirurgie esthétique plutôt que dans la création d'un programme de recolonisation algérienne digne de ce nom.
10h00, le débat est sur le point de s'achever, la foule se disperse dans le calme, je regarde le café que finalement je n'ai pas eu le courage d'entamer, mais je suis heureux de repartir en faisant parti des rares initiés qui connaissent enfin la vérité sur ce qui a fait que la gauche a perdu.
Et en plus je suis sympa je le partage :)

